Ateliers
Les ateliers se font en petits groupes (12 au plus).
Au cours d'un atelier, les participants explorent un mouvement ou une posture jusqu’à ce que celui-ci devienne de plus en plus fluide, facile. La démarche est progressive et fait souvent appel à l’inhabituel, l’inconnu, voire le complètement inattendu! L’enseignant utilise pour cela un processus très structuré qui s’appuie sur une attention bienveillante et non pas sur la volonté, ni sur un rapport instrumental à notre corps…
Des explorations kinesthésiques douces et précises aident à développer la perception sensorimotrice et les capacités neuroplastiques cérébrales.
Ainsi les schémas acquis se modifient dans le cerveau. Ce sont souvent ces schémas qui nous limitent plus que “l’état” de nos articulations.
Cette pratique est un cadre pour explorer autre chose, autrement, qui peut ensuite “infuser” dans la vie de tous les jours…
Les participants sont invités à porter une attention ouverte (non crispée) et bienveillante à leurs sensations et perceptions dans l'espace avec une finesse et une globalité de plus en plus grandes.
Petit à petit se développent le schéma corporel, la proprioception et la présence. Les habitudes changent, les inconforts et les tensions aussi, et le signe que la pratique se passe bien est que tous les mouvements deviennent plus faciles, plus élégants. Il y a moins d’efforts inutiles, la posture s’aligne “toute seule”… parce que les cuirasses musculaires (et autres) sont “apprivoisées” et nous quittent. Et on a l’impression que “ça se fait tout seul”….
Si "la vie aime la conscience qu'on a d'elle" (René Char), le corps aussi!
Chacun découvre ainsi ce qui est approprié pour lui, sans jugement, « de l'intérieur». On ne fait pas référence à un mouvement ou une forme idéale. L’enseignant ne montre pas le mouvement.
Il n’y a pas de “bon” mouvement. Les questions sont seules importantes, car elles sont source d’exploration au niveau cérébral, elles constituent une stimulation pour le cerveau et peuvent apporter de nouvelles réponses au niveau sensori-moteur. Donc il s’agit de se poser la question, autant de fois qu’on explore le mouvement, au lieu de chercher “dans le sac des réponse toutes prêtes” (qui sont nos schémas habituels).
Pour cela l’enseignant repose la question plusieurs fois, en faisant varier l’attention des “élèves explorateurs” tout au long de la leçon, en proposant des variantes lors d’un processus d’explorations.
C’est ce qui fait que le mouvement va évoluer au fil de la leçon.
Les mouvements sont effectués sans enjeu, lentement, sans amplitude et sans effort, la plupart du temps au sol.
Chacun réalise sa propre expérience dans la séance de groupe. Il n'y a pas de « niveaux d'avancement».
Une même leçon peut s'adresser à des personnes d'âge, de forme physique très différentes.
Ce sont des mouvements de rotation, flexion ... simples, mais souvent inattendus ou inhabituels.
Autre chose de particulier à cette pratique, c’est l’importance des appuis, de la gravité, de la respiration, de l’espace, l’attention portée sur les habitudes, les “compulsions” respiratoires par exemple.
Il est important aussi qu’il y ait beaucoup de bienveillance dans l’atelier, et d’humour!
La séance dure aux environs d'une heure ou une heure et demie.
"Il faut séparer le but à atteindre du procédé d'apprentissage, ce qui importe,
c'est le processus, qui devrait être sans but".
— M. Feldenkraïs